Georges Perec

(Paris le 07 mars 1936 - Ivry-sur-Seine le 03 mars 1982)

Georges Perec est né le 7 mars 1936 de parents juifs venus de Pologne. Très tôt orphelin – son père meurt à la guerre le 16 juin 1940, sa mère déportée le 11 février 1943 – il est élevé par sa tante et son oncle.
Après des études supérieures écourtées, il collabore épisodiquement à diverses revues : La Nouvelle NRF, Les Lettres nouvelles, Partisans. En 1965, il publie son premier roman, Les Choses, qui lui vaut le prix Renaudot. Suivent deux récits à tonalité très différente, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? et Un homme qui dort. Il entre à l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle) en 1967. Il en devient vite un des écrivains les plus féconds. Tantôt, sur le mode ludique, il combine rigueur formelle et plaisir romanesque avec La Disparition, dont l’écriture est soumise à un régime sans E, et Les Revenentes où la même voyelle s’assure au contraire de l’exclusivité. Tantôt il imagine un nouvel art poétique avec La Clôture, Ulcérations et Alphabets où, sous le jeu d’une combinatoire exigeante, se laissent néanmoins deviner les échos ténus d’une histoire personnelle plus immédiatement lisible dans d’autres œuvres.
W ou le Souvenir d’enfance constitue le texte majeur d’une autobiographie éclatée qui s’offre par bribes et fragments dans les 124 rêves de La Boutique obscure et les réminiscences nostalgiques de Je me souviens. Parallèlement, Georges Perec poursuit une observation minutieuse et amusée de notre quotidien : ce sera Espèces d’espaces et maints articles, dont quelques pastiches imperturbables, qui formeront la matière de recueils posthumes, L’Infra-ordinaire, Penser/Classer, Cantatrix Sopranica L. Mais il explore aussi d’autres modes d’expressions : théâtre, radio, cinéma surtout. Il adapte à l’écran avec Bernard Queysanne Un homme qui dort (prix Jean Vigo 1973) ; il écrit dialogues et scénarios (notamment pour Série noire d’Alain Corneau) et réalise lui-même Les Lieux d’une fugue en 1976. Pour le film de Robert Bober sur Ellis Island, il rédige un texte fondamental où il pose à la fois la question de la mémoire, des traces et interroge son propre rapport à la judéité. (Récits d’Ellis Island). Il collabore avec des peintres, des musiciens, traduits les romans de son complice Harry Mathews, rajeunit l’anagramme en le transformant en épithalame ou hommage amical et, très régulièrement, fournit à des cruciverbistes fébriles leur lot d’énigmes hebdomadaires.
En 1978, il obtient le prix Médicis pour son « romans », La Vie mode d’emploi. Il publiera encore deux brefs récits, Un cabinet d’amateur et Le Voyage d’hiver, avant de mettre en chantier une fiction policière « 53 jours ». Il meurt d’un cancer le 3 mars 1982, alors qu’il vient d’en achever le onzième chapitre.

Ouvrages
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