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Bulletin n° 47

samedi 10 décembre 2005

ÉDITORIAL

Chers amis,

Comme à l’accoutumée, c’est la rubrique « Références et hommages » qui occupe le plus de place dans ce Bulletin. La référence à Perec est en effet, depuis quelque temps, une sorte de réflexe chez les créateurs et les commentateurs dès qu’ils se trouvent confrontés à un certain type de travail ou en présence de certaines personnes. A chaque fois que Robert Bober (ou Harry Mathews, Marcel Bénabou, Jacques Lederer…) est invité à parler d’un de ses livres, il est présenté comme « le grand ami de Perec » et doit répondre aux mêmes questions sur cette amitié. A chaque fois qu’un livre contient un passage énumératif, le passage en question est présenté comme un inventaire « à la Perec », « à la sauce Perec » ou « à la mode Perec ». Et ne parlons pas des détournements de titres, des multiples « Je me souviens de ceci », des « Cela, mode d’emploi », ou des citations, toujours les mêmes, comme cette Histoire dont la grande hache doit être, depuis le temps qu’on la manie à tort et à travers, bien émoussée.

La tentation existe de resserrer ce Bulletin sur les choses essentielles, les publications importantes, les manifestations incontournables, les citations, références ou hommages réellement signifiants. Cependant, il me semble que dans son état actuel, avec sa tendance à l’exhaustivité qui le pousse à ne rien négliger, à mentionner l’incontournable comme l’infiniment petit, il répond à sa mission qui est de donner l’image la plus précise possible de la planète Perec. Il s’adresse à des connaisseurs qui sont à même de rétablir une hiérarchie et de placer les informations à leur juste rang d’importance et de valeur. En n’omettant aucun petit clin d’œil, en traitant de l’infime comme de l’événementiel, le Bulletin, c’est aussi son rôle, donne sa place à l’infra-ordinaire perecquien.

Philippe Didion.